
Acheter un bien à plusieurs, sortir d'une indivision familiale ou préparer la transmission de son patrimoine immobilier. La société civile immobilière, ou SCI, répond à toutes ces situations. Encore faut-il bien rédiger ses statuts et choisir le bon régime fiscal, impôt sur le revenu ou impôt sur les sociétés.
La SCI permet à au moins deux personnes, physiques ou morales, de détenir ensemble un ou plusieurs biens immobiliers pour les acheter, les gérer et les louer. Elle est très utilisée en famille. Elle permet notamment de mettre fin à une indivision successorale et d'organiser la gestion des biens selon des règles choisies par les associés, plutôt que selon celles du régime matrimonial ou du concubinage.
Les statuts organisent toute la vie de la société, d'où l'importance d'une rédaction précise. Ils peuvent être signés sous seing privé ou chez le notaire, ce dernier étant obligatoire si un bien immobilier est apporté. Ils fixent notamment les pouvoirs du gérant et les conditions de sa révocation, les pouvoirs de décision des associés et les règles d'entrée et de sortie des associés.
Il est constitué des apports des associés, en argent ou en nature, par exemple un immeuble. En échange, chaque associé reçoit des parts sociales. Aucun capital minimum n'est exigé. Les associés restent toutefois responsables des dettes de la société, sans limite, à proportion de leur part dans le capital (article 1857 du code civil). Le capital peut être versé en totalité dès la création ou au fil de la vie de la société.
Il décrit l'activité de la société et doit avoir un caractère civil, comme l'achat et la gestion de biens immobiliers. Une activité commerciale, comme la location meublée, ferait perdre le régime fiscal de l'impôt sur le revenu.
Une ou plusieurs personnes peuvent être gérantes, associées ou non. Le gérant engage la société à l'égard des tiers. Les statuts peuvent lui donner des pouvoirs très larges, jusqu'à vendre seul le seul bien de la société (Cass. 3e civ., 12 février 2013, n° 11-20.570), ou au contraire les limiter. Une gérance successive peut aussi être prévue pour anticiper un décès.
Le coût de création d'une SCI se situe en général entre 1 500 € et 2 500 €. Il peut être en partie financé par les apports en argent des associés.
C'est le régime par défaut. La SCI est dite semi-transparente. Les loyers sont imposés directement chez chaque associé, à proportion de ses parts, dans la catégorie des revenus fonciers.
Les revenus nets sont imposés au barème de l'impôt sur le revenu, de 0 % à 45 %, et aux prélèvements sociaux de 17,2 %. Un déficit foncier peut s'imputer sur les autres revenus de l'associé, dans la limite de 10 700 € par an (article 156 du CGI).
Le point faible de l'IR. Pendant le remboursement d'un emprunt, seuls les intérêts sont déductibles, pas le capital remboursé. L'associé peut donc être imposé sur des loyers qu'il ne perçoit pas réellement, puisqu'ils servent à rembourser le prêt.
La plus-value relève du régime des plus-values immobilières des particuliers. Elle est taxée à 19 % d'impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux, avec des abattements pour durée de détention (article 150 VC du CGI).
Le prix d'achat peut être majoré d'un forfait de 7,5 % pour les frais d'acquisition et, après 5 ans, d'un forfait de 15 % pour les travaux. Une surtaxe de 2 % à 6 % s'applique au-delà de 50 000 € de plus-value imposable (article 1609 nonies G du CGI). En résumé, plus vous gardez le bien longtemps, plus la fiscalité est douce.
L'impôt sur les sociétés s'applique sur option, ou automatiquement si la SCI exerce une activité commerciale comme la location meublée. L'option devient irrévocable à partir de la 5e année (article 239 du CGI).
Le bénéfice correspond aux loyers diminués de toutes les charges, y compris l'amortissement de l'immeuble, la rémunération du gérant et les intérêts d'emprunt. Seul le terrain ne s'amortit pas. Ce bénéfice est taxé à 15 % jusqu'à 42 500 €, sous conditions, puis à 25 % au-delà (article 219 du CGI).
Une fois l'impôt payé, les bénéfices restent dans la société. Pour les récupérer, deux solutions existent.
La plus-value est calculée comme pour une entreprise, entre le prix de vente et la valeur nette comptable, c'est-à-dire la valeur d'achat diminuée des amortissements pratiqués. Elle est donc plus élevée qu'à l'IR et taxée à l'impôt sur les sociétés. Le produit de la vente reste ensuite dans la société. Pour le récupérer, il faut passer par un remboursement de compte courant, des dividendes, une réduction de capital ou une liquidation, cette dernière entraînant aussi un droit de partage de 2,5 %.
Quel que soit le régime fiscal, la SCI facilite la transmission du patrimoine immobilier familial. Les parents peuvent donner la nue-propriété des parts à leurs enfants tout en gardant l'usufruit, par une donation-partage s'ils ont plusieurs enfants.
Attention au compte courant d'associé. Donner les parts ne revient pas à donner le compte courant d'associé. S'il n'a pas été remboursé, il entre dans la succession pour sa valeur restante. À l'IS, l'associé peut se le faire rembourser sans fiscalité au fil du temps, selon la trésorerie disponible.
Pour en savoir plus, consultez nos articles sur la donation et le démembrement et sur la donation-partage.
Oui. Deux associés suffisent, y compris un couple marié ou pacsé.
C'est possible, mais la location meublée est une activité commerciale. La SCI passe alors en principe à l'impôt sur les sociétés, sauf si ces recettes restent accessoires, dans la limite de 10 % du chiffre d'affaires.
Il est possible d'opter pour l'IS. Cette option peut être annulée jusqu'à la fin de la 5e année, puis elle devient définitive.
Rédiger des statuts adaptés, choisir entre l'IR et l'IS, organiser le financement et préparer la transmission des parts, chaque décision engage votre patrimoine sur le long terme. Basé à Figeac dans le Lot, Auralys Conseil vous accompagne dans tout le sud-ouest, en lien avec votre notaire et votre expert-comptable, dans le cadre d'une stratégie patrimoniale globale.
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Article à caractère informatif, établi selon la législation en vigueur en novembre 2026 et susceptible d'évoluer. Il ne constitue pas un conseil juridique ou fiscal personnalisé. Sources, articles 1832, 1845 et 1857 du code civil, articles 28, 31, 32, 150 VC, 156, 219, 239 et 1609 nonies G du CGI, Cass. 3e civ., 12 février 2013, n° 11-20.570.
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